Dix ans après les émeutes de la faim, qu’en est-il de la sécurité alimentaire, de l’organisation des petits agriculteurs dans le monde et de notre coopération au développement ? Il est de bon ton aujourd’hui chez un certain nombre de progressistes de casser du sucre sur le dos du syndicalisme agricole. Mais que sait-on vraiment de ses engagements citoyens tout au long de son histoire jusqu’à aujourd’hui ? D’où vient cette solidarité internationale inédite des agriculteurs québécois que très peu de monde connaît ? Une des expressions les plus fortes de cette solidarité est certainement que l’UPA ait mis au monde une agri-agence, UPA DI. Mais que fait cette agence au juste ?

On en surprendra plusieurs en disant que janvier 2018 est le mois et l’année du 25e anniversaire de cette organisation. Un ouvrage produit par la CRDC au cours de cette année sera lancé à l’occasion du prochain congrès de l’UPA qui a lieu les 5,6 et 7 décembre prochain à Québec. Nous y serons. Mais il faut surtout retenir que ce 25e anniversaire se fête dans un contexte où l’insécurité alimentaire, dans sa dimension planétaire, s’aggrave [1]. Et pourtant les émeutes de la faim en 2007-2008 ont rappelé à tous et à toutes l’enjeu de la sécurité alimentaire. Les solutions à cette crise est plus que jamais à l’ordre du jour. En 1993, l’Union des producteurs agricoles (UPA) crée UPA Développement international (UPA DI), cette dernière pratiquant depuis 25 ans une coopération de paysans à paysans avec une bonne cinquantaine d’organisations d’une quinzaine de pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Dans une perspective de solidarité internationale, avec une vision de développement durable et d’agriculture viable pour ses membres, elle soutient des organisations paysannes en valorisant en priorité l’indispensable commercialisation collective des produits agricoles qui leur fait trop souvent défaut. L’UPA, grâce au travail d’UPA DI, a d’ailleurs à son actif une entente avec la FAO, faisant de l’UPA un partenaire officiel de l’ONU sur des projets internationaux destinés à combattre la faim par l’intermédiaire d’organisations paysannes fortes. Cet ouvrage rend compte du parcours au Québec d’une organisation de producteurs agricoles presque centenaire (93e congrès cette année) sur les enjeux de société qui ont été les siens hier et aujourd’hui, dont celui d’avoir innové en matière de solidarité internationale.

L’UPA, née en 1924, s’est toujours engagée sur le terrain social et politique : le sait-on ?

L’UPA depuis ses débuts il y a plus de 93 ans, en matière de changement social et de citoyenneté, est très présente aujourd’hui sur la scène internationale. Au cœur de son projet solidaire, l’importance capitale de l’agriculture familiale (ou des agricultures familiales) au Québec et partout dans le monde, mais tout particulièrement dans les pays du Sud.

Tout au long de son histoire, le syndicalisme agricole québécois a eu la volonté de consolider l’agriculture dans toutes ses dimensions : la production bien sûr mais aussi l’engagement citoyen dans sa communauté. Au cours de son histoire, l’intensité d’une dimension par rapport à une autre a certes été variable et a donné lieu à de nombreux débats toujours réglés de façon démocratique. En d’autres termes, on ne saurait réduire ce syndicalisme (comme celui des travailleurs ou des organisations paysannes du Sud) à une défense centrée sur les seuls intérêts des agriculteurs en tant que producteurs. Sur bien des questions, le syndicalisme agricole a été et est porteur de l’intérêt général.

Le grand paradoxe de l’agriculture familiale aujourd’hui

Nombre de des militants et dirigeants de l’UPA sont, bien sûr, assez au fait du paradoxe de l’agriculture dans le monde : d’un côté de 20 à 25 millions d’exploitations qui font de l’agriculture industriellement intensive – la plupart du temps sous contrôle de l’agrobusiness – ce qui représente 30 à 40 % de la production mondiale, un type d’exploitation qui a cependant atteint ses limites ; et de l’autre deux milliards 400 millions de petits exploitants faiblement mécanisés, une agriculture encore peu productive au sein de communautés ne disposant pas d’un régime de santé et d’éducation adéquat. C’est à cet enjeu que les organisations d’agriculteurs et de paysans de la planète font face. UPA et UPA Développement international font partie de ce concert d’organisations à la recherche de pistes de sortie de ce grand paradoxe. C’est ce que nous avancions déjà dans notre ouvrage de 2014 [2]. Mais par quel parcours UPA et UPA DI en sont-ils arrivées à cette recherche d’alternatives ? Ce nouvel ouvrage examine de plus près le parcours croisé de ces deux organisations où, chacune à sa manière, luttent pour une agriculture familiale durable tout en s’inspirant et en s’interpellant mutuellement.

En premier lieu, l’ouvrage examine le parcours socio-professionnel et citoyen de l’Union des producteurs agricoles (UPA), laquelle défend l’agriculture familiale dans un coin de pays de l’Amérique du Nord, depuis plus de 90 ans. En Amérique du Nord, terre de l’agrobusiness, ceci n’est pas banal… Ce parcours se révèle dans son rapport à la terre – la faire produire tout en la protégeant – et dans son rapport au territoire, c’est-à-dire dans la relation de ses membres avec leur communauté respective. Le portrait de cette agriculture familiale se présente donc sous deux angles : socio-économique et socio-politique, les agriculteurs étant tout à la fois des producteurs et des citoyens.

Le syndicalisme agricole d’ici, l’instigateur d’importantes réformes sociales : itinéraire

Au cours de son histoire, le syndicalisme agricole d’ici a su, en effet, aider à transformer la société québécoise, ce qui est la plupart du temps oublié et donc sous-estimé : électrification des villages, écoles rurales et écoles régionales d’agriculture ; mise en marché collective et sortie d’une agriculture de subsistance ; artisan actif de la Révolution tranquille favorisant l’école obligatoire et la gratuité scolaire, exprimant son accord sur la déconfessionnalisation, soutenant le développement de coopératives ; participant actif de la mise en œuvre d’une politique d’occupation du territoire ; redéfinition de la place des femmes dans leur propre organisation. Et non la moindre action, le soutien au développement d’une agriagence de développement et de solidarité internationale avec des groupements paysans au Sud, l’UPA DI, etc.

En d’autres termes, le récit de ce parcours démontre qu’une bonne partie des principales revendications de l’UPA ont donné lieu à des réformes sociales. Mais aujourd’hui… la croisée des chemins est arrivée avec le défi de sortir du modèle productiviste (le défi de la pluralité agricole), de faire face à la transition énergétique (le défi pétrolier) et de maintenir le cap d’une agriculture familiale adossée à la souveraineté alimentaire au Québec et dans le monde. UPA DI est de plain-pied dans cette croisée des chemins tout comme l’organisation qui lui a donné naissance.

Le syndicalisme agricole à la croisée des chemins : l’accélération d’un tournant avec les années 2000

L’agriculture québécoise et mondiale vit en effet de grands chambardements : hausse des prix dans les pays du Nord et disettes dans les pays du Sud. Les émeutes de 2007 et 2008 n’étaient, somme toute, que la pointe de l’iceberg. La crise alimentaire, à ce moment-là, s’était déjà révélée majeure et mondiale. Le monde agricole a alors commencé l’accélération de son tournant : une recherche depuis 10 ans pour se réinventer, un appel de bon nombre de ses dirigeants pour renouveler leurs organisations, pour se restructurer de manière à mettre en œuvre de nouvelles stratégies d’action collective, pour aller vers de nouvelles pratiques agricoles… bref, pour tenter de se recomposer. Des réponses inédites ont commencé à se faire jour autour d’une vision renouvelée de l’agriculture familiale : au Nord, après avoir vécu les limites d’une agriculture industriellement intensive, le syndicalisme agricole québécois et ses défis de citoyenneté sont désormais inscrits dans une agriculture familiale davantage plurielle, durable et territorialisée.

Quel est l’enjeu citoyen du syndicalisme agricole au 21e siècle ?

Le filon directeur qui émerge présentement en agriculture et dans l’ensemble de l’économie au Québec comme au plan mondial, c’est la transition sociale-écologique de l’économie et de toutes les facettes de notre société : sortir des énergies fossiles, soutenir le développement d’une agriculture écologiquement intensive adossée à une gestion durable des forêts, accoucher d’une mise en œuvre solide de l’électrification des transports, multiplier les efforts de développement des énergies renouvelables, penser une écofiscalité qui a des dents et beaucoup plus d’importance qu’elle en a aujourd’hui, etc. C’est l’enjeu citoyen du 21e siècle qui croise le développement socio-économique et le défi écologique. Il fait donc appel à une nouvelle Révolution tranquille – qui n’est plus de bâtir un État social, mais de le reconfigurer substantiellement à la lumière du défi écologique, défi tout à la fois local et international. C’est l’enjeu du syndicalisme agricole d’aujourd’hui comme la Révolution tranquille et ses réformes sociales l’ont été pour l’agriculture à une autre époque de son histoire.

La lutte séparée avec d’un côté des « écolos » et de l’autre des « socio-économiques » (syndicats et coopératives) tient de moins en moins la route parce que nous sommes tous devenus malades de notre environnement. La bataille contre le gaz de schiste et celle contre Énergie Est sont aujourd’hui des batailles révélatrices à ce propos parce que l’enjeu derrière le pétrole est un enjeu pour la santé de milliers de communautés (eau potable…) et pour la préservation de milliers de terres agricoles. Partant de là, les changements climatiques deviennent un enjeu plus compréhensible pour plus de monde, car il n’est pas isolé des problèmes quotidiens de santé publique et communautaire.

C’est dans ce nouvel environnement que l’UPA et UPA DI font/feront leurs marques. Mais quelle est aujourd’hui sa vision des choses sous l’angle qui nous occupe dans cet ouvrage, c’est-à-dire le développement d’une véritable solidarité internationale ? La réponse – qui n’était pas évidente – a été une solidarité innovatrice, très loin de l’aide humanitaire classique. Elle est progressiste, prenant des risques quand il est nécessaire d’en prendre et en même temps biodiversifiée.

L’itinéraire de la solidarité internationale du syndicalisme agricole québécois n’est pas banal. L’effet de levier d’une vision stratégique et globale pour aider à fédérer les initiatives locales de ses partenaires du Sud de même que l’orchestration du débat public avec les États et les différentes institutions de l’ONU dont la FAO y sont sans doute pour quelque chose. Au fil du temps, UPA DI a en effet considéré qu’il fallait mener de front des stratégies locales et changer d’échelle pour construire une coopération avec le Sud autour de projets plus ambitieux. C’est notamment ce qu’explore l’ouvrage.

D’abord un diagnostic : le capitalisme des années 2000 nous a enfoncés dans la crise. Des nœuds étouffent l’agriculture familiale. L’agriculture et la filière alimentaire subissent, tendanciellement, le même traitement industriel et financier que les autres activités économiques. Les agriculteurs sont donc à la recherche d’alternatives qui comptent, qui sont solides et qui sont inscrites dans la durée. Première considération : les organisations paysannes sont le fer de lance d’une agriculture familiale durable. En deuxième lieu, elles sont le rempart pour une incontournable biodiversité en agriculture comme en économie. Finalement, de plus en plus de groupements paysans se disent comme beaucoup d’autres : « Et si on changeait tout ! ». Et se demandent : « Oui, mais sur quoi le faire et comment le faire démocratiquement ? »

30 ans et des centaines de milliers révolutions tranquilles au Nord comme au Sud

Les grands médias nous entretiennent du grand désordre actuel du monde (montée des populismes, terrorisme, crise des réfugiés, conflits armés…). Le tout en période où est ressenti un grand vide d’horizon collectif digne de ce nom. Comment ne pas désespérer !? Mais n’est-ce pas là que l’avant-scène !? N’assistons-nous pas, en arrière-scène, à de multiples révolutions tranquilles liées à la mobilisation de mouvements sociaux, nouveaux ou fortement enracinés dans l’histoire comme c’est le cas de l’UPA avec son levier de solidarité internationale, UPA DI ? Des centaines de milliers d’initiatives changent le monde depuis trois décennies un peu partout sur la planète (Manier, 2016). Mais on ne les voit pas ou si peu. Et les médias, règle générale, ne nous en parlent pratiquement jamais. C’est la face cachée des choses. Il y a donc un intérêt certain à faire le tour de ce type d’initiatives et à voir, en même temps, si et comment UPA DI est présent dans le concert de ces initiatives. L’ouvrage offre à la discussion une vingtaine d’initiatives fortes, souvent inédites, dont certaines démarrées par UPA DI et d’autres qui convergent avec celles d’UPA DI. En voici quelques exemples.

 

Finance communautaire au Burkina-Faso : 1100 mutuelles animées par des femmes et rassemblant 20 000 familles

1100 mutuelles de solidarité (MUSO) dans 23 provinces du Burkina-Faso rassemblant 20 000 familles (c’est plus de 100 000 personnes) ont été mises sur pied dans un travail de coopération Nord-Sud qui aura duré une décennie. Au coeur du projet une association qui les regroupe, l’ASIENA, animée surtout par des femmes, et un fonds de développement français dédié au développement des communautés du Sud, la SIDI, dont le dernier prêt à l’ASIENA a été de $450 000 euros sur trois ans. Nous ne sommes plus dans le micro-crédit. Un changement d’échelle d’intervention a émergé. Autrement dit la coopération Nord-Sud de cette expérience ne fait plus dans la seule subvention mais s’inscrit surtout dans des programmes de prêts à la bonne hauteur et dans la durée pour activer des projets communautaires (cuisines communautaires ici, petit élevage là, développement d’un réseau de petits commerces locaux, etc.). L’AQOCI avec UPA DI, DSI CSN, FTQ internationale, le Fonds Solidarité Sud et quelques autres travaillent dans cette direction. Pour en savoir plus sur l’expérience burkinabé http://www.sidi.fr/2015/10/16/la-finance-communautaire-au-pays-des-femmes-integres/

 

Groupements paysans et l’énergie solaire : une fédération paysanne organise l’électrification des 90 villages de ses membres

Atelier national au Sénégal

L’UGPM est une organisation paysanne sénégalaise. Région de Thiès à 2 heures de route de la capitale. 5 000 membres (à 60 % des femmes). Naissance : 1985. Priorité : se donner des outils collectifs : ce fut d’abord une caisse d’épargne et de crédit, puis une coopérative de commercialisation collective de leurs produits, puis un atelier de production de panneaux solaires qui a permis d’électrifier, en 10 ans, 90 villages de la région (soutenu par un prêt d’une société française d’investissement solidaire, la SIDI). Grâce à UPA DI, l’UGPM a également un système de prêts rotatifs pour améliorer l’exploitation des fermes de leurs membres avec le programme de formation Les Savoirs des gens de la terre (LSGT). Et, plus récemment, un service collectif de semences certifiées (adieu Monsanto !) beaucoup plus résistantes au changement climatique, soutenu par UPA DI et le Fonds Solidarité Sud. http://www.oikosblogue.com/?p=8461

 

Groupements paysans au Burkina Faso : 3 500 producteurs et productrices luttent contre la désertification et pour le développement d’une agriculture écologique avec l’appui d’UPA DI
Une vidéo d’une dizaine de minutes qui nous fait découvrir des projets de coopération paysanne novateurs, mis en place dans une région du Burkina Faso aux portes du désert. Des projets qui permettent de favoriser la sécurité alimentaire, de freiner le déboisement et de produire du biogaz, une énergie renouvelable. Une coopération québécoise d’UPA DI qui a permis d’améliorer les conditions de vie de ces habitants.
http://canalsavoir.tv/videos_sur_demande/beau_temps_mauvais_temps

 

Programme Les Savoirs des gens de la terre (LSGT) : des groupements paysans au Sud se dotent de systèmes de prêts rotatifs pour leurs membres

Programme LSGT au Sénégal : signature d’engagement sur un prêt consenti

Pour soutenir la production, la mise en marché collective de leurs produits et d’autres services à caractère économique (services semenciers, accès à l’électricité à partir du solaire…), il faut avoir accès au crédit. Or, cet accès est extrêmement difficile, ce qui explique la faiblesse des activités génératrices de revenus qui confinent les paysans à une agriculture de subsistance et à la pauvreté. Piste de solution : des fonds rotatifs mis à la disposition des exploitations sous forme de prêts remboursables. Mais, il y a plus et mieux. Le court article qui suit déplie la chose, entre autres par un exemple tiré d’un partenariat avec des groupements paysans sénégalais. Le programme Les Savoirs des gens de la Terre mis en œuvre par UPA DI dans plusieurs pays du Sud (en Afrique de l’Ouest et en Haïti) favorise ce type d’initiatives.
http://www.upadi-agri.org/communication-et-documentation/nouvelles/terres-a-terres/changer-dechelle-financiere/

 

Quel (s) futur (s) possible (s) en agriculture et dans la société ?

Il existe plusieurs futurs possibles. Que ce soit l’un et l’autre, l’un ou l’autre des futurs possibles, cela nous appartient – en partie du moins – parce que c’est nous, par nos choix individuels et surtout collectifs, qui allons décider. En d’autres termes, l’avenir de la planète, l’avenir de l’agriculture familiale, l’avenir des organisations paysannes et de petits producteurs agricoles, l’avenir de nos sociétés ne sont pas dessinés d’avance. Partant de là et partant aussi de l’idée que les changements importants se réalisent dans la durée comme on peut le voir quand on trace le bilan d’UPA DI depuis 1993, c’est-à-dire à l’échelle d’une génération – en plus ou moins 20 à 25 ans – il est nécessaire de dégager des tendances pour mieux cerner ce qui vient. Par exemple, en matière de changements climatiques et plus largement d’urgence écologique, tout a vraiment commencé, au plan international, en 1992, au premier Sommet de la terre. Mais ce n’est qu’en 2015 à Paris, avec la COP21, qu’on se retrouve avec des engagements qui font leur marque tant au Sud qu’au Nord. Ceci étant dit, où en sommes-nous du côté d’UPA DI dans la prochaine décennie ? Quels sont ses choix qui marqueront le futur d’un certain nombre d’initiatives dans des communautés du Sud ?

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COP21 : la grande assemblée de clôture fin 2015

UPA DI tente déjà depuis assez longtemps de concilier les deux choses, le soutien local et le changement d’échelle. Cependant, elle va encore plus loin dans la foulée des réflexions des réseaux québécois et internationaux auxquels elle appartient, notamment le réseau de douze agriagences présentes sur quatre continents, AgriCord, dont UPA DI a été un des fondateurs de même que le forum international de l’économie sociale et solidaire que sont les Rencontres du Mont-Blanc, forum où plusieurs organisations québécoises sont présentes telles la Caisse d’économie solidaire, Fondaction, MCE Conseils, SOCODEVI, le Fonds Solidarité Sud, etc. Question centrale de ces organisations : comment articuler toutes ces initiatives à un nouveau projet de société qui inspirerait les prochaines décennies comme la Révolution tranquille a pu le faire avec et pour quelques générations ?

Quel(s) sont les possible(s) du syndicalisme agricole ? Avec quel projet de société ?

L’horizon d’une nourriture pour tous et toutes sur la planète qui est de plus en plus avancée par un certain nombre d’organisations et d’experts est la transition sociale-écologique de nos sociétés au Nord comme au Sud. Dans cette perspective, l’économiste et directeur de l’Agence française de développement (AFD), Gaël Giraud, nous dit :

«… Il est possible de construire des sociétés résilientes aux désastres qui nous attendent… Réagir passe donc d’abord par la {transition écologique, un formidable projet politique et social}… On a devant nous un projet qui donne du sens… un projet créateur d’emplois… qui peut organiser de la polyagriculture paysanne… qui peut aménager le territoire autour de petites villes… qui peut mettre en route une économie de circuits courts… une mobilité verte de transports collectifs… un verdissement des processus industriels et agricoles… ».
Quatre petites entrevues avec G. Giraud en vidéo : http://fondation-terresolidaire.org/espace-communication/temoignage/

C’est l’horizon qui sous-tend les avancées d’une agriculture durable dans le monde. Il y a de multiples révolutions silencieuses liées à la mobilisation de mouvements sociaux, nouveaux ou fortement enracinés dans l’histoire. C’est le cas de l’UPA et du levier de solidarité internationale qu’est UPA DI. Comment UPA DI est-elle partie prenante d’un tel mouvement d’ensemble et d’un tel projet ? Un autre chapitre de l’ouvrage se charge de nous le démontrer.

Pour la table des matières de l’ouvrage cliquer ici.

Pour en savoir plus

  • Manier, B. (2016), Un million de révolutions tranquilles. Comment les citoyens changent le monde. Éd. Les liens qui libèrent, Paris. https://www.amazon.fr/million-révolutions-tranquilles-Bénédicte-Manier/dp/B0088B3JCE

    Dans son édition de 2012, ce livre a été le premier à décrire la dimension mondiale des alternatives économiques, démocratiques et écologiques mises en place par la société civile. Il a séduit toute une génération qui se reconnaît dans cette invention d’un nouveau monde et a reçu le Prix 2013 du Livre de l’Environnement. Une nouvelle édition enrichie est parue fin 2016. Livre qui a inspiré le film documentaire Demain.

  • Laurent, E. et P.Pochet (2015) Pour une transition sociale-écologique. Quelle solidarité face aux défis environnementaux. Éd. Les petits matins, Paris.
    http://www.lespetitsmatins.fr/collections/pour-une-transition-sociale-ecologiquequelle-solidarite-face-aux-defis-environnementaux/

    Redéfinir le progrès social à la lumière du défi écologique, en visant l’égalité, l’emploi et la protection sociale. Quels instruments de justice environnementale mettre en place ? Suffira-t-il de « verdir » le capitalisme ou faudra-t-il changer de paradigme économique ? Quel rôle pour les syndicats dans la transition ? Comment mutualiser les nouveaux risques pour en minimiser l’impact ?

  • Favreau, L. et M. Hébert (2012), La transition écologique de l’économie. Contribution des coopératives et de l’économie solidaire, PUQ, Québec.
    http://www.puq.ca/catalogue/livres/transition-ecologique-economie-2414.html

    Un tour du monde des initiatives innovatrices des coopératives et de l’économie solidaire et une mise en perspective. Un livre inspiré des Rencontres du Mont-Blanc (RMB) et des échanges du rendez-vous international de ce Forum de l’économie sociale et solidaire (ÉSS) en 2011 qui se préparait pour Rio+20 où les RMB tenait une séance de travail importante avec des représentants d’États, de municipalités, d’institutions de l’ONU et de réseaux d’ÉSS d’un grand nombre de pays du monde. Pour un récit de la présence des RMB à Rio+20 voir l’article suivant : http://www.oikosblogue.com/?p=14955.

Ouvrage disponible sur le site de la CRDC en page d’accueil à partir de maintenant : http://w3.uqo.ca/crdc/

[1] Voir le rapport de la FAO et consoeurs résumé dans l’article qui suit : https://ccfd-terresolidaire.org/infos/souverainete/l-insecurite-5926

[2] Favreau, L. et E. Molina (2014), La solidarité internationale du mouvement des agriculteurs québécois. L’expérience de l’organisation UPA Développement international (UPA DI), CRDC, UQO, Outaouais. http://w3.uqo.ca/crdc/